Frise chronologique
1450
Début des acquisitions
Début des acquisitions
1450 (≈ 1450)
Pierre de Foix achète des maisons pour construire le collège.
1457
Fondation du collège
Fondation du collège
1457 (≈ 1457)
Création par le cardinal Pierre de Foix pour 25 étudiants.
1463
Incendie de Toulouse
Incendie de Toulouse
1463 (≈ 1463)
Dégâts mineurs subis par le collège.
1551
Échappe à la suppression
Échappe à la suppression
1551 (≈ 1551)
Collège épargné contrairement à d’autres établissements toulousains.
1790
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Le collège est fermé et vendu.
1817
Rachat par Garrigou
Rachat par Garrigou
1817 (≈ 1817)
Installation des sœurs de Notre-Dame de la Compassion.
1925
Première protection
Première protection
1925 (≈ 1925)
Inscription du corps principal aux monuments historiques.
2003
Protection élargie
Protection élargie
2003 (≈ 2003)
Inscription de l’ensemble des bâtiments et cours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le bâtiment dit collège de Foix : inscription par arrêté du 23 mai 1925 - Les bâtiments du collège en totalité, à l'exception du petit bâtiment placé en rive du mur de clôture au nord-ouest (cf plan annexé à l'arrêté) , ainsi que les sols, cours, circulations et jardins (cad. 826AD 152, 153) : inscription par arrêté du 9 mai 2003
Personnages clés
| Pierre de Foix (le Vieux) - Cardinal et fondateur |
Fonde le collège en 1457 pour étudiants de ses territoires. |
| Jean Constantin - Maître maçon |
Dirige la construction du collège dès 1450. |
| Maurice Garrigou - Chanoine et acquéreur |
Rachète le collège en 1817 pour une congrégation. |
| Louis Delor de Masbou - Architecte du XIXe siècle |
Conçoit la chapelle aménagée au rez-de-chaussée. |
Origine et histoire
Le collège de Foix, fondé en 1457 par le cardinal Pierre de Foix, est un ancien collège de l’université de Toulouse destiné à héberger 25 étudiants boursiers, dont quatre prêtres, originaires des territoires de la maison de Foix. Il se situe dans le quartier Arnaud-Bernard, près du couvent des Cordeliers, et offre un cadre d’étude avec une bibliothèque riche, incluant des ouvrages du pape Benoît XIII. Le bâtiment, de style médiéval, comprend une cour entourée de galeries, une chapelle dédiée à saint Jérôme, et des chambres pour les étudiants et le personnel. Sa construction, confiée au maître maçon Jean Constantin, débute dès 1450 avec l’acquisition de maisons existantes.
En 1463, le collège subit des dégâts mineurs lors du grand incendie de Toulouse, puis est remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’ajout de mirandes et d’un toit à quatre pentes. Épargné lors de la suppression des collèges toulousains en 1551, il survit difficilement jusqu’à la Révolution française, où il est fermé en 1790. Ses bâtiments sont alors vendus, et en 1817, le chanoine Maurice Garrigou les rachète pour y installer la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Compassion, qui y accueille des étudiantes. La chapelle originale est détruite en 1850 lors de l’alignement de la rue Romiguières, mais la résidence étudiante, toujours active, reste la plus ancienne d’Europe.
Le collège de Foix est un rare témoignage de l’architecture universitaire médiévale à Toulouse, aux côtés des collèges de l’Esquile, du Périgord et de Saint-Raymond. Son corps principal, inscrit aux monuments historiques en 1925, puis étendu en 2003 à l’ensemble des bâtiments, allie briques et tourelles cylindriques. La bibliothèque, initialement située au premier étage, est transformée en chapelle au XIXe siècle. Le cardinal Pierre de Foix, fondateur du collège, y a aussi aménagé un logement personnel. Aujourd’hui, le site mêle héritage historique et vie religieuse, perpétuant sa vocation éducative depuis près de six siècles.
Le collège s’inscrit dans un contexte universitaire toulousain dynamique dès le Moyen Âge, avec de nombreux collèges fondés entre les XIIIe et XVIe siècles, comme ceux de Saint-Raymond (1233) ou de Périgord (1360). Ces institutions, souvent liées à des œuvres de bienfaisance, offraient logement et ressources aux étudiants, tandis que les cours étaient dispensés dans les facultés de la ville. Le collège de Foix se distingue par sa longévité et son adaptation continue, passant d’un lieu d’hébergement médiéval à une résidence étudiante moderne, tout en conservant son architecture d’origine.
Les modifications architecturales reflètent les évolutions de son usage : au XVIIe siècle, des mirandes sont ajoutées, et au XIXe siècle, la congrégation religieuse réaménage le rez-de-chaussée en chapelle. Malgré la destruction de la chapelle Saint-Jérôme en 1850, le site conserve des éléments médiévaux, comme les galeries à arcs brisés et les fenêtres à meneaux. Le collège illustre ainsi la transition entre le Moyen Âge et les périodes modernes, tout en restant un symbole de l’histoire éducative et religieuse de Toulouse.